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«Nous devons exercer le journalisme et appuyer les autres, peu importe ce qui arrive». Raúl Benoit, né en Colombie le 12 août 1960, est écrivain, journaliste et reporter pour la télévision. Il a commencé à faire du journalisme à la radio et dans la presse quand il était encore jeune. Des années plus tard il a survécu à quatre attentats à sa vie à cause de sa détermination à poursuivre sa profession et à défendre la liberté de presse; il était convaincu que les gens ont le droit d’être informés et que les média «sensibilisent les consciences des gens». Son père, Henri Joseph Benoit Carles, était né à Marseille en France et sa mère, Gloria Sánchez García, venait de Cali, donc la majorité de sa famille était née et avait grandi en Colombie. LES DÉBUTS D'UNE PASSION Il a commencé sa carrière de journaliste à l'âge de neuf ans lorsqu'il écrivait des bulletins de quartier d'une page que les voisins louaient et lisaient pour une contribution de dix centimes. Ses parents pensaient que c'était simplement un engouement d'enfant et que sa carrière future se dirigerait plutôt vers l'aviation ou le droit, des études qu'il a effectivement entreprises mais jamais achevées. Ce sont plutôt les communications qui ont continué d'être sa passion. Son affinité pour le journalisme a continué de s'accroître pendant son adolescence. Il a commencé par ranimer le but qu'il avait quand il était enfant: écrire un bulletin et le prêter à ses copains de classe en échange d'une petite contribution. Plus tard il a fondé et administré le journal de l'école au Colegio Villegas de Cali en Colombie; durant ses années au collège, il a porté le tirage de cette publication à 5000 copies par mois qui étaient distribuées dans plusieurs écoles et universités locales. Quoiqu'il n'ait pas étudié le journalisme, Raúl Benoit est un journaliste « dans le cœur, dans l'âme et pour la vie ». Le journalisme est sa vie. Il est obsédé par le fait d'aider les autres, surtout les gens de son pays natal et de l'Amérique Latine en général. Quand il a commencé, certains de ses professeurs le considéraient comme l'un des derniers journalistes empiriques de Colombie car son école comprenait les Bureaux éditoriaux de la presse, les studios de télévision et les stations de radio. Seulement quelques années après le début de sa carrière dans le journalisme, on lui a octroyé une carte professionnelle décernée aux journalistes en exercice. Cette carte était protégée par la Loi du Ministère de l'éducation de Colombie qui a officialisé le journalisme en tant que profession à part entière dans ce pays, en 1975. DANS LES LIGUES MAJEURES Après ses premières expériences d'entretiens journalistiques à l'Église et à l'école, son enthousiasme pour les média l'a poussé à chercher une autre opportunité dans les « ligues majeures du journalisme » : en débutant en tant que collaborateur à l'âge de 14 ans, il est devenu coordinateur de la section « Jeunesse » dans le journal de Cali « El País » ( Le Pays ). À 16 ans, il était déjà animateur et directeur de programmes pour les jeunes à la station de radio Caracol, un réseau de diffusion naissant qui allait devenir un des plus influents du pays; il s'est ensuite joint à Todelar qui à l'époque était le plus grand réseau de télédiffusion de Colombie. À 18 ans il est devenu l'éditeur du magazine Farándula ( Farandole ) pour le journal Occidente, aussi bien que directeur du programme La Rosca de Raúl Benoit, un titre qu'il avait choisi pour satiriser le côté « spectaculaire » du journalisme. Lors de son spectacle, il donnait du temps d'antenne aux artistes qui ne pouvaient pas se permettre les coûts de publicité ou les commissions que les agents exigeaient en échange de la célébrité. C'est ainsi qu'il s'est forgé les premiers ennemis dont certains étaient même parmi ses propres collègues. Il défendait les artistes colombiens déjà connus mais il encourageait également les nouvelles figures, ce qui lui a valu une grande popularité. Durant cette période il avait dénoncé la pratique malhonnête de recevoir de l'argent ou des pots-de-vin pour faire du journalisme et il a gagné la bataille en réussissant à rendre populaires un grand nombre de nouveaux artistes dont le Groupe Niche, le Groupe Farallones et plusieurs autres solistes populaires de ces temps-là. À LA TÉLÉVISION Sa véritable vocation pour le monde des média s'est révélée être le domaine de la télévision. En janvier 1982, il est devenu correspondant dans le programme Hoy por Hoy qui était un des premiers magazines de la télévision colombienne. Au même temps il s'est joint au programme d'actualités du dimanche Siete Días en el Mundo ( Sept jours dans le monde ), sur la chaîne de télévision colombienne Globo Televisión de Colombia. Plus tard il a été nommé correspondant à Cali, journaliste à Bogotá et finalement Responsable en Chef du Service d'Informations pour le programme d'actualités Promec ( ou Promotora de Medios de Comunicatión Social - Promotrice de moyens de communication sociale ) où il a travaillé jusqu'en 1987. Il a aussi collaboré comme présentateur-réalisateur pour ce programme. C'est ici qu'il a affiné son style journalistique franc et honnête qui l'a finalement amené au succès et à la célébrité dans presque toute l'Amérique du Sud. Benoit affirme que l'une des responsabilités du journalisme est « de dénoncer les politiciens corrompus et ineptes et de faire connaître la vérité pour le bien du peuple de façon responsable et impartiale, laissant de côté les intérêts personnels et en aidant les gens faibles et les démunis ». Il ajoute: « Nous devons exercer le journalisme et appuyer les autres, peu importe ce qui arrive ». La télévision l'a éloigné de la presse et la radio. Ses expériences en tant que correspondant de guerre ont contribué à déterminer son futur puisqu'il s'est consacré presque exclusivement à ce sujet. Il a couvert les combats de la guérilla et les crimes commis par les para-militaires et les soldats de la guérilla et il a découvert et enquêté sur le « massacre de Tacueyo » de 1985, un événement qui a eu lieu dans un petit village indien dans la région de Cauca dans le sud-ouest de la Colombie, où au moins 164 soldats de la guérilla ont été condamnés, torturés et découpés par leurs confrères qui les avaient accusés d'être des agents d'infiltration de l'Armée. C'est là que l'histoire du front de Ricardo Franco, un groupe de dissidents des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes ( ou FARC ), a pris fin et que la dégradation des Forces armées a commencé. Entre 1984 et 1986 Benoit a été correspondant pour l'agence de presse Colprensa ( ou Colombiana de Prensa ) et a contribué au magazine colombien Cromos. En s'engageant dans la polémique et la controverse, il a atteint une popularité internationale dans le monde de langue espagnole. En 1987 il a signé un contrat d'exclusivité en tant que correspondant pour Univisión et est devenu le Chef de Bureau de Colombie pour le réseau Univisión, une entreprise de télévision américaine qui fait des émissions en espagnol dans tous les États-Unis et dans plusieurs pays sud-américains. Le réseau a un public potentiel de 100 millions de téléspectateurs. C'est à travers Univisión en Colombie qu'il a rapporté comment la presse étrangère manipulait les nouvelles, surtout à la télévision. Il s'est joint à un groupe de journalistes qui se battaient pour amener la vérité au grand jour et a réussi à faire en sorte que le monde tourne son attention aux questions qui tourmentaient la Colombie: violence, trafic de drogue et corruption. Raúl Benoit était un des premiers journalistes à avoir eu le cran de dénoncer l'infiltration du trafic de drogue à l'intérieur de la sphère politique et à révéler l'alliance tragique entre les trafiquants de drogue et la guérilla communiste. En tant que correspondant en Colombie, il a mis en place une équipe de travail qu'il a dirigée de façon habile, intelligente et courageuse en se taillant une place et en se gagnant le respect du monde du journalisme international. Il a affronté Pablo Escobar ( un trafiquant de drogue tué en décembre 1993 ) et a fait un reportage sur l'implacable guerre terroriste causée par le trafic de drogue qu'Escobar et ses complices criminels avaient instigué pour éviter d'être extradés aux États-Unis. Des centaines de citoyens colombiens sont morts sur une période de quatre ans. Avant cela, en 1986, Benoit avait été enlevé par Escobar qui l'avait gardé captif dans sa célèbre hacienda à Nápoles pendant deux jours, en guise de menace et avertissement au directeur du programme d'actualités de la télévision où Benoit travaillait. Des années plus tard, en 1990, il a échappé à un autre enlèvement lorsque des hommes se faisant passer pour des soldats de la guérilla ont essayé de l'amener jusqu'à la cachette de « Les Inextradables » ( nom donné au groupe armé du cartel de la drogue à Medellín ) où ils gardaient prisonniers d'autres journalistes. Leur intention était d'utiliser ces otages pour négocier et vaincre la volonté des citoyens colombiens et de la classe politique qui voulaient que les trafiquants de drogue soient extradés aux États-Unis, un objectif qu'ils ont effectivement réussi à atteindre en 1991 en créant une nouvelle constitution. TOUCHANT LES POINTS SENSIBLES Quelques politiciens et présidents ont une grande admiration et un grand respect pour Raúl Benoit tandis que d'autres le craignent à cause de sa franchise et son audace lorsqu'il raconte des événements. Il a critiqué sévèrement les gouvernements, surtout celui d'Ernesto Samper, dont la campagne présidentielle était financée par les cartels de la drogue. Raúl Benoit a fait des reportages sur les parties coupables dans la guerre de Colombie. Il a dénoncé la pauvreté, les abus gouvernementaux, les violations des droits de l'homme et la négligence de la part de l'État. Il a aussi rapporté une grande quantité de bonnes nouvelles qui ont toutefois été éclipsées par une avalanche d'événements négatifs et violents qui ont sans doute constitué un des chapitres les plus tristes de l'histoire de la Colombie, un fait que beaucoup de gens ne peuvent simplement pas accepter. ACCUSATIONS SANS FONDEMENTS Raúl Benoit a été persécuté et accusé à cause de la sévérité de ses reportages sur la réalité de son pays. Ceux qui s'opposaient à lui ont initié une campagne à l'encontre de son oeuvre journalistique, l'accusant de « donner une mauvaise image de la Colombie à l'étranger », même s'il ne faisait que des émissions sur les véritables événements d'une nation impliquée dans une guerre civile perpétuelle, une nation où la corruption, la décomposition de la société et de l'État, la guérilla et la violence para-militaire font des centaines de victimes chaque année. Certains secteurs de l'opinion publique se sont emportés dans leurs accusations contre ce journaliste en créant une fausse image de lui sans qu'ils ne l'aient jamais rencontré ou sans avoir eu aucun entretien avec lui, en décidant qu'il était malveillant simplement parce qu'il disait la vérité. Ces commentaires journalistiques, dont certains étaient prémédités et calculés et dont d'autres étaient délibérément mal renseignés et hors contexte, ont créé une image de Benoit qui était très impopulaire et qui lui a presque coûté la vie. Raúl Benoit a été menacé de nombreuses fois. On a aussi porté atteinte à sa vie à quatre reprises, deux desquelles ont presque réussi. Durant un de ces attentats il s'est défendu et a pourchassé ses assaillants dans les rues de Bogotá en tirant sur eux avec son Magnum 357. Lors d'une attaque en août 2000, le détective Carlos Ballesteros, un des gardes du corps de Benoit, a été tué. Lors d'une autre attaque à Cali en février 2001, un homme a tiré en direction de Benoit mais l'a manqué. Dans la fusillade qui a suivi, Mauricie Ruiz, qui faisait partie de son escorte personnelle a été gravement blessé. L'agresseur, dont l'identité a été révélée quelques minutes après l'attaque par le chef de police de Colombie en personne, a également été blessé. ( Lire l'article au sujet de l'attaque ). À cause de cette tentative de meurtre, Raúl Benoit a subi des blessures permanentes au genou droit et lors d'une attaque précédente il avait perdu une partie de son oreille droite. LES PRIX QU’IL A REÇUS En 1977, Benoit a reçu son premier prix en tant que journaliste, « El Radar de las Estrellas » ( Le Radar des Étoiles ), par un groupe de journalistes de Cali à cause de son implication dans des événements pour les jeunes et dans la communauté en appuyant la construction d'écoles dans des quartiers défavorisés de Cali en Colombie. Il a reçu cet hommage trois fois. Il a aussi reçu le prix de meilleur journaliste de l'industrie du spectacle et de la presse pour sa prise de position vis-à-vis des artistes. En 1985, il a été décoré meilleur journaliste de la télévision en recevant le prix « Alfonso Bonilla Aragón » par la mairie de Cali pour son reportage intitulé « Popayán: un an après le tremblement de terre ». En 1986, il a une fois de plus reçu cette décoration pour un reportage sur ce que c'est vraiment d'être un habitant natif de Cali, une histoire folklorique joyeuse et musicale, écrite à l'occasion du 450ème anniversaire de la fondation de la ville de Cali. En 1987, il a remporté le Prix National Simón Bolívar de Journalisme pour le meilleur reportage de télévision, en l'occasion intitulé « La guerre au Cauca, un acte sans fin ». En 2001, il a pris la décision de ne pas participer aux concours de journalisme à moins que d'autres ne le désignent en expliquant que « mes plus belles récompenses sont mon public et ma crédibilité ». Malgré cela, Raúl Benoit a eu l'honneur d'être reconnu l'un des 100 journalistes de langue espagnole les plus influents des États-Unis, attribué par Hispanic Media 100. Il a reçu aussi la Mention spéciale aux Emmy Awards pour son travail d'équipe dans la semaine des attaques du 11 septembre, décernée par l'Académie Nationale de la Télévision pour les Arts et les Sciences. SON TRAVAIL ACTUEL Quand Benoit a quitté la Colombie après la dernière fois qu'on a attenté à sa vie, il s'est tenu à l'écart de la télévision pendant trois mois, sous la protection du Réseau Univisión. Il a ensuite été nommé correspondant par intérim à Mexico et plus tard il a été promu au poste de journaliste d'investigation pour le programme Aquí et Ahora ( Ici et Maintenant ) diffusé le mardis à 22:00 heures, où il travaille encore aujourd'hui. Il vit actuellement aux États-Unis.
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